Aïe aïe aïe ça mord

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Les comportements dits agressifs nous interrogent beaucoup : quelle est la signification de la morsure, comment intervenir lors de conflits entre enfants et comment les atténuer ?

Suivant les âges, tous les comportements vécus comme agressifs par ceux qui les subissent (car ils sont douloureux) n’ont pas toujours cette valeur d’agressivité de la part de l’enfant mis en cause par l’adulte.

Pendant la première année, l’enfant appréhende le mode par la bouche qui sert à la fois à manger, parler et embrasser. La morsure est donc une étape « normale » du développement de l’enfant. Son projet est bien la connaissance de l’autre, l’envie d’entre en contact avec l’autre et nullement l’envie de lui faire mal. A ce stade, il n’y a pas d’agressivité ; ni d’intention de nuire ou de faire mal mais bien plutôt d’exprimer un désir, une émotion, une intention d’aller vers, de rencontrer l’autre. Ce besoin répond à une pulsion.

Au-delà de la première année, la morsure reste un acte impulsif que l’enfant ne peut contrôler, ni maîtriser. Il correspond souvent à la décharge brutale d’une tension, d’un malaise intérieur, d’une frustration qui submerge l’enfant et qu’il ne sait pas encore exprimer par des mots. C’est pourquoi, si l’enfant qui a été mordu a besoin d’être consolé, l’enfant qui a mordu a aussi besoin de trouver réconfort et compréhension de la part de l’adulte.

Quelle signification peut avoir une réponse agressive, elle aussi, de la part de l’adulte ? L’enfant ne sait pas comment exprimer autrement son malaise et n’en saisit pas toujours la nature. S’il mord un autre enfant, ce n’est pas qu’il en veuille particulièrement à cet autre, mais c’est qu’il a besoin de protéger son Être qu’il sent tout à coup menacé et qu’il veut nous signifier que quelque chose le perturbe. La morsure est souvent la résultante d’un « conflit de territoire », de l’entrée d’un enfant dans l’espace proche d’un autre enfant. Le désir de se faire une place auprès de l’adulte et le désir de posséder les objets peut amener à des « conflits de territoire ». Et voilà que l’adulte, au lieu de l’aider à comprendre ce qui se passe en lui, le gronde, le punit ou le mord à son tour. Ce qui veut dire, pour l’enfant, qu’il n’a pas le droit d’exprimer une difficulté ; ou bien lui prouve que la violence est quelque chose de possible, à condition d’être le plus grand et le plus fort….

 Il n’est pas non plus question de cautionner l’expression de l’agressivité, mais l’adulte est là pour signifier à l’enfant qu’il a le droit d’être en colère, d’être malheureux, de souffrir de certaines situations, mais n’a pas le droit de faire mal à un autre. L’adulte doit signifier à l’enfant qu’il est là pour l’aider à comprendre ce qui le perturbe, à atténuer sa souffrance et trouver les ressources en lui pour apprendre à défendre son territoire et se protéger.

Les adultes condamnent souvent les jeux guerriers des enfants… alors que jouer à la guerre, ce n’est pas la faire ! Au contraire, dans ces jeux, l’enfant apprend à se libérer de sa violence, qui existe en tout un chacun, et apprend à contenir, à contrôler cette énergie pour l’orienter vers des voies symboliques et des fins plus constructives. De même, les adultes ont souvent besoin de susciter une réparation à la suite d’un comportement désagréable : « va lui faire un bisou, maintenant » c’est vouloir nier, annuler ces sentiments de colère, de frustration, d’atteinte à sa personne que l’enfant ressent en lui. Ce qu’il faut apprendre à l’enfant, c’est que l’expression de la colère et la frustration n’est pas toujours destructrice : elle peut être parlée, symbolisée. En trouvant d’autres moyens d’expression de ces sentiments, les enfants perdront cette fascination pour la violence qu’ont encore beaucoup d’adultes et qui trouvent dans les spectacles violents une satisfaction imaginative de leur besoin d’agressivité.

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